Le bon dirigeant est celui qui fait preuve d'humilité devant son peuple

mar, 2019-12-31 22:14

J'ai saisi à l'envol l'interview accordée à Taqadoumy.net par l'ancien président, laquelle m'a inspirée les commentaires que voici :

- J'ai remarqué qu'il faisait, sans le vouloir (ou sans chercher à coïncider avec !), l'éloge de l'actuel président, M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, et cela en disant que personne n'avait parlé de lui lors des deux mandats précédents. Et c'est vrai. Mais n'est-ce pas là, la plus grande preuve de sa loyauté, étant donné qu'il n'a pas essayé de faire de l'ombre à quelqu'un au pouvoir, alors qu'il le pouvait, s'il le voulait, car il était le commandant en chef des armées et qu'un clic du doigt pouvait lui suffir pour avoir à ses pieds le pouvoir et ce qui va avec. Sa croyance profonde dans les valeurs de la discipline et celles de la cavalerie l'empêchait de penser d'une manière aussi superficielle.

- On comprend, en lisant entre les lignes de cet entretien, une critique implicite du président de la République parce qu'il entretient son peuple avec souplesse afin de le préserver et de répondre à ses désirs. De telles approches ont toujours été des qualités plutôt bien appréciées chez un souverain, que l'on met à son crédit, pas contre lui.
Le bon dirigeant est celui qui fait preuve d'humilité devant son peuple, celui qui ressent sa douleur, incarne ses rêves et lui renvoit l'image qu'il en fait partie et est en lui.
Par contre le dirigeant arrogant, dédaigneux et qui se veut supérieur à ses compatriotes, est faible et ne mérite pas de gouverner à cause de tels caractères qui ne conviennent pas à un homme ordinaire, à fortiori celui qui porte la responsabilité de la Chose publique, liée aux intérêts et à la coexistence des gens. Nous, en tant que musulmans, pleurons la morale du noble Prophète (PSL) et ses compagnons. Notre comportement dans le stimulant et l'impulsion doit être une référence morale solide et ferme, loin de l'esprit autoritaire et de ses effets négatifs.

- L'entretien de l'ancien président comportait également des erreurs lorsqu'il n'a pas reconnu les efforts fournis par d'autres acteurs du pays qui ont servi l'Etat mauritanien dans des circonstances et à des moments délicats. Qui était responsable de la protection du pays, des personnes, de la sécurité intérieure et du citoyen, qui planifiait pour cela, et qui en a assuré la mise en œuvre de manière stricte et professionnelle. N'est-ce pas le commandant en chef de l'armée nationale ? Qui a protégé le pays pendant cette période où l'ancien président était entre la vie et la mort, inconscient et à l'extérieur du pays ? Qui qui a assuré la sécurité et la sûreté sans hésiter un chouia, faisant de telle sorte que l'appareil d'Etat et les institutions publiques fonctionnent normalement des mois durant jusqu'à ce que le président, blessé, se rétablisse complètement et rentre chez lui pour remette les rênes du pouvoir sur un plateau d'or ? Je pense que tout le monde connaît la réponse à toutes ces questions.
Et quiconque fait cela, de mémoire de mortel, est un exemple rare et frappant de fidélité, de loyauté et d'absorption de soi.

- Tout le monde sait que les proches du Président de la République et certains de son entourage ont été objet de toutes sortes de diffamation, d'attaques verbales. Il n'a as pour autant interféré en leur faveur sans pour éviter d'être mal compris et parce qu'il tient compte des questions d'intérêt national et du respect des procédures. Pourtant, des nominations etaint faites ici et là, parfois même de personnes qui n'ont aucune compétence. Qu'il en fût, il ne s'y était en rien opposé, par respect à l'ancien président et son approche des questions à l'époque. Mais aussi parce qu'il était conscient de la position et du rôle du président de la République tels que définis par la Constitution de la République islamique de Mauritanie.

- A-t-on oublié ce qui s'est passé lors de la période de transition, après l'Accord de Dakar de 2009, lorsque l'ancien président avait démissionné, suivant cet Accord et n'est plus au pouvoir avant de se présenter, comme les autres, aux élections présidentielles, ou lorsque son avion était tombé dans les déserts des zones reculées du Hodh Charghi? Qui a préservé notre expérience démocratique de voler en éclats et y était resté attaché, la défendant jusqu'à la tenue des élections qui ont consacré la victoire de l'ancien président, lui rendant le pouvoir en toute sérénité et sans le moindre problème.
Qui fait ça?
Cela ne peut être fait que par quelqu'un qui est patriotique jusqu'à l'ivresse, et la logique ne voudra en aucun cas, qu'on lui rajoute un enchère sous quelque prétexte !

- De même, au cours des deux précédents mandats de l'ancien président, personne n'a remarqué ou vu Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, ou l'un de ses proches, se vanter de la moindre réalisation. Il n'a pris aucune mesure susceptible de perturber l'humeur générale du pouvoir et les choses ont continué à suivre leur cours normal afin que l'ancien président ait les coudées franches pour jouer pleinement le rôle qui est le sien, sans ingérence, ni harcèlement, ni orientation.
Autant de preuves qui n'admettent pas le doute quant au patriotisme du président Ghazouni, son rejet du m'as-tu-visme et son désintéressement du pouvoir, ou un désir d'exercer l'autoritarisme ou quelque chose de cette nature.

Et, last but no lust, le président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, peut être accusé de tout sauf manque de "loyauté".
La question est plutôt de savoir : la loyauté envers qui et pour qui ?
Seule la loyauté envers le peuple et ses intérêts supérieurs est vraie et non maquillée. Et cela, il l'a fait. Et il en est à la hauteur.
Nous pouvons en rajouter davantage pour étayer et corriger ce qui a été dit dans l'entretien précité.
Mais, nous nous en tenons à ces quelques clarifications pour un rappel des faits.
Pour éviter l'oubli et surtout, éviter de manquer des gens par ignorance.
Moustapha Cheikh Mohamed Fadel