اضغط هنا

اضغط هنا

انتقال الرئاسة الدورية لائتلاف الأغلبية وسط تباين مواقفها من تقييم لقائها برئيس الجمهورية   جامعة نواكشوط تصدر توضيحا بخصوص اعتقال بعض من تصفهم ب" مثيري الشغب داخل الحرم الجامعي"   وزارة العدل تكلف قيادة الدرك بإحصاء السجناء على عموم التراب الوطني   اعتقال اثنين من الدكاترة العاطلين عن العمل بتهمة الاعتداء على رئيس الجامعة   نقابات الصحة تقرر المشاركة في حملة التلقيح ومواصلة الاضراب   في نواكشوط: اعتقال سيدة بتهمة استغلال فتى قاصر والتحايل عليه   النائب بدر الدين: الوزير الأول تعهد لنا بالبحث عن حل إيجابي لأزمة الطلاب المعتقلين   مرتزق موريتاني اعتقله الثوار في مصراتة يؤكد أنه قاتل مع القذافي بحثا عن المال   منع "ولدداداه"ورؤساءالفرق البرلمانية المعارضة من زيارةالطلاب المعتقلين   الشرطة تفرق بالقوة مظاهرة تطالب بالافراج عن الطلاب المعتقلين  
البحث

الجريدة
الموقع القديم
تــقـــاريـــر

Protection des enfants: Bien des espoirs mais ….

اضغط لصورة أكبر

 

Enfants de la rue, enfants abandonnés, enfants orphelins, enfants mendiants ou talibés : quels moyens mis en œuvre pour protéger nos progénitures? Questionnement quotidien à la vue d’autant d’enfants laissés pour compte qui nous interpelle chaque jour.

 Questionnement qui appelle des réponses surtout lorsque l’on sait que le gouvernement reconnaît, dans sa «Stratégie Nationale de Protection des Enfants en Mauritanie (SNPEM)» et son «Plan d’action 2009-2013 » que «le diagnostic de la situation des enfants en Mauritanie, révèle des insuffisances notoires dans le domaine de la protection.». Il s’avère que la prise en charge de l’enfance ainsi que l’application de la convention relative aux droits de l’enfant n’ont pas été la priorité des gouvernements mauritaniens. Force est de constater que bien peu de structures existent pour l’accueil de tous les enfants en difficultés et plus nombreuses sont celles qui sont non gouvernementales. L’un des rares orphelinats de Nouakchott, l’institut Mariame Diallo, survit depuis 40 ans avec quasiment aucune aide du gouvernement tandis que les seuls centres ouverts pour les talibés ne vivent que de l’aide d’une ONG étrangère. C’est pourquoi les personnes qui sont investies dans la cause des enfants attendent beaucoup du nouveau gouvernement et particulièrement du nouveau président Ahmed Ould Abdel Aziz, qui se veut «le président des pauvres».

Un ministère démuni
Démuni par le manque de stabilité et le manque d’interlocuteur néanmoins la direction de l’enfance a élaboré une Stratégie Nationale de Protection des Enfants en Mauritanie (SNPEM) et un plan d’action 2009-2013. A l’aide de trois experts, un état des lieux a été effectué sur la situation de l’enfance en Mauritanie. Les insuffisances notoires relevées dans le domaine de la protection des enfants en Mauritanie ont été diagnostiquées. Effectivement, les gouvernements n’ont pas suffisamment pris en compte le problème des enfants alors que la convention relative aux droits de l’Enfant a été ratifiée le 16 mai 1991 par la Mauritanie.
D’après les articles de cette convention, l’Etat doit s’engager à tout mettre en œuvre pour appliquer les droits de l’Enfant: «Les Etats parties s'engagent à prendre toutes les mesures législatives, administratives et autres qui sont nécessaires pour mettre en œuvre les droits reconnus dans la présente Convention. Dans le cas des droits économiques, sociaux et culturels, ils prennent ces mesures dans toutes les limites des ressources dont ils disposent et, s'il y a lieu, dans le cadre de la coopération internationale.» Et pourtant l’état des lieux effectués par les experts prouve que certains articles de la Convention ne sont toujours pas appliqués alors qu’elle a été ratifiée il y a presque 20 ans. Par exemple, l’article 7.1 : «L'enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et être élevé par eux», il s’avère que de nombreuses naissances ne sont pas enregistrées.
La stratégie a établi un projet de sensibilisation des familles à ce propos dans le cadre de la prévention de la vulnérabilité de l’enfant, premier axe de la stratégie; le second est ciblé sur la prise en charge de l’enfant.
Il faut savoir, qu’à l’heure actuelle, une seule institution gouvernementale existe pour l’accueil des enfants en grande difficulté : le Centre de Protection et d’Intégration Sociale des Enfants, ouvert depuis Novembre 2007. Il comprend deux centres au niveau des Moughataas d’El Mina et de Dar Naïm ainsi qu’une cellule de prise en charge des enfants au niveau de Sebkha. Ces centre accueillent toutes sortes d’enfants en difficulté, prodiguent une aide alimentaire et traite les abandons par l’intermédiaire de la «kafalah» (prise en charge) de droit islamique. Néanmoins, ils n’ont pas un rôle d’orphelinat et ne prennent pas en charge l’éducation de ces enfants délaissés. D’autres acteurs agissent cependant mais eux aussi sont livrés à eux mêmes sans bénéficier d’aides gouvernementales.

Des acteurs investis mais, à l’image des enfants, livrés à eux mêmes
Kane Abderhamane a été enfant talibé sur une période suffisamment courte pour lui donner la force de lutter contre ce phénomène. Engagé depuis 1999 dans cette cause, il est actuellement responsable du projet «Enfants Talibés», un projet complètement pris en charge par une ONG nommé Doulos. Il existe maintenant deux centres dont le plus ancien accueille quotidiennement 60 talibés. Son action : nourrir les enfants, leur apprendre un métier et leur dispenser des enseignements linguistiques. Kane Abderhamane déplore le délaissement et l’inaction de l’Etat sur cette question, il désirerait faire plus mais les moyens manquent. Il n’est d’ailleurs pas le seul à être freiner dans son action social, Mariame Diallo vit cet «abandon gouvernemental» depuis 40 ans. En effet, l’Institut Mariame Diallo (IMD) est un orphelinat qui se maintient grâce à cette femme dont il porte le nom. Avec courage. Avec générosité.
En le créant en 1968, Mariame était seule à mener de front l'accueil des orphelins et enfants abandonnés d'autant plus que son institut n'était pas reconnu par l'Etat. Ce n'est qu’en 1988 que ce sera le cas, après qu’elle se soit battue vingt ans durant. Actuellement, l'IMD accueille trente enfants qui sont tous scolarisés et vivent dans la maison de Mariame Diallo. Elle les nourrit, les envoie à l'école, les blanchit et tout cela sur ses propres finances car, en effet, le gouvernement mauritanien a cessé de "subventionner" son institut. Pour chiffrer l'aide du gouvernement et sa durée : 150 000 ouguiyas par an de 2000 à 2007. Pour nourrir une famille nombreuse de trente enfants pendant un an, ce n'est pas suffisant. Cela peut couvrir les frais des vivres durant un mois mais, certainement pas, être utilisé pour des biens durables.
Pourtant Mariame ne s’est jamais découragée et n'en est pas restée à une démarche humanitaire, une démarche d'urgence, elle a également éduqué tous ces enfants par ses propres moyens et par le biais d'une école qu'elle a fait naître au début des années quatre vingt. Une petite école fondamentale qui accueille deux cents enfants avec seulement quatre classes, l'école se maintient mais les besoins sont nombreux.

A l’aube d’un nouveau gouvernement, de nombreux espoirs sont permis
Que ce soit le ministère de l’enfance, l’ONG de Mariame Diallo ou le projet des «Enfants Talibés», chacun nourrit de grands espoirs dans le futur gouvernement. La stratégie que le ministère soumettra prochainement aux nouveaux responsables permettra d’avoir une idée sur la nouvelle politique du pays. Le nouveau gouvernement aura entre ses mains et sous ses yeux le constat de la situation alarmante des enfants en Mauritanie. Les moyens mis en œuvre pour appliquer la stratégie seront à l’image ou non du slogan de Mohamed Ould Abdel Aziz : «le candidat des pauvres».
Laure Sizaire

 

 

 

ENCADRE 1:

Quelques chiffres :

Subvention attribuée à l’IMD par le gouvernement depuis son existence
150000 ouguiyas par an de 2000 à 2007
Budget attribué à la protection de l’enfance :
Direction de l’enfance : 8 million UM
Centre El Mina et Darnaïm : 30 millions UM
Centre de formation des monitrices de jardins d’enfants : 85 millions UM
«Ce budget ne couvre que les frais de fonctionnement.» Dixit Saleck Ould Jeireb


ENCADRE 2 :

Les enfants partiellement ou totalement privés d’encadrement parental

Cette catégorie comprend :
(i) les enfants Orphelins : dans la tranche d’âge de moins de 15 ans. Ils représentent 0,8 % et sont estimés à 9000 en 2000, dont 3,4% ont leur père décédé et 1,1% ont leur mère décédée. Parmi ceux-ci, les cas les plus fréquents résultent de la perte de l’un ou des deux parents par suite de maladies ou d’accident.
(ii) les enfants abandonnés sont chiffrés à Nouakchott, entre 1990 et 2005, suivant les donnés de l’ancien Centre d’accueil des enfants abandonnés, à 277 nouveau-nés dont 48 sont décédés au cours des premiers mois de placement . Selon les données officielles , les nouveaux cas sont au nombre de 24 en 2006 et 25 en 2007.
(iii) les enfants mendiants ou talibés. Il n’existe pas de chiffres officiels sur cette catégorie d’enfants qui sont présents au niveau de plusieurs grandes villes. Cependant, les enquêtes menées ont touché plusieurs centaines de ces enfants. Ainsi, selon les données d’une première enquête entreprise par le CDHLCPI en 1998 sur la mendicité, ces enfants représentent moins 6% des 550 mendiants recensés à Nouakchott. La seconde enquête sur les enfants talibés réalisée en 2001 dans 4 villes (Nouakchott, Rosso, Kaédi, Boghé) avait touché 115 enfants. Une troisième enquête réalisée en 2002 par AEDM avait repéré 278 talibés à Nouakchott et 14 à Nouadhibou. Une quatrième enquête menée en 2006 à Nouakchott, avait couvert 300 enfants. L’ensemble des études ciblant ces enfants talibés confirme les données sur l’identité majoritairement peuhle, et celles sur les conditions de vie extrêmement précaires qu’ils connaissent.
(iv) les enfants de la rue : Le nombre des enfants de la rue, en rupture partielle ou totale avec leurs familles, reste difficile à estimer pour des raisons liées notamment au foisonnement des définitions qui varient d’une source à une autre. La SITAN 2003 avance un chiffre voisin de 1000 enfants de la rue. Selon la même source, l’AEDM, en 2002, en avait repéré 201 à Nouakchott et 41 à Nouadhibou parmi les 771 enfants en situation difficile identifiés par l’ONG dans ces deux villes (640 à Nktt et 131 à NDB). Le Conseil National de l’Enfance et l‘ADEM ont réalisé en 2003 et 2007 des enquêtes sur la situation des enfants de la rue. Le résultat de ces enquêtes a permis de mieux cerner leurs conditions de vie. Ces travaux montrent en particulier que les filles de la rue restent moins nombreuses et plus discrètes et plus difficiles à identifier que les garçons.
-------------------------
1- Données de l’EDSM 2000-01.
2- SITAN 2005
3- Réponses aux questions suscitées par l’examen du 2ème rapport périodique portant sur l’application de la CDE, RIM-MASEF 2009.
4- Ould Lafdal M et Ould H’Meyada Etudes sur la situation des enfants talibé mendiants, MSAS/ UNICEF 2001.
5- L’enquête participative sur la situation des « almubbe » a Nouakchott., ADEM et Save Children 2006.

تاريخ الإضافة: 2009-08-01 13:15:37 القراءة رقم : 2441
 الصفحة الرئيسية
 الأخبار
 قضايا و آراء
 تقارير
 مقابلات
 من نحن؟
 مابسي
 روابط
 اتصل بنا
 خارطة الموقع
 البريد الألكتروني
 الموقع القديم

عدد الزوار:40095959 جميع الحقوق محفوظة مابسي © 2009