"Je suis prêt à chercher des financements pour les écoles et les stades que je demande à la Zone franche de Nouadhibou", lance, tel un défi, le député-maire El Ghassem Ould Bellali.

mer, 2019-09-11 14:00

Neuf (9) mois après avoir récupéré sa commune de NDB, El Ghassem Ould Bellali donne une leçon de transparence à l'ensemble de ses pairs en tenant une session ordinaire de son conseil municipal en présence de la presse publique et privée et même de la société civile. C'était ce lundi matin 02 septembre vers 11H 15mn à l'Hôtel de Ville.

Et même si la 3ème session ordinaire du Conseil municipal de la Commune de Nouadhibou était en elle-même ordinaire, c'est-à-dire dans ses délais normaux, elle aura été extraordinaire par la présence pour la première fois de la presse privée et officielle ainsi que des représentants de la société civile.

Jamais un maire de commune n'aura eu l'audace d'inviter la presse de surcroît indépendante, à assister aux débats et délibérations de son conseil municipal.

Surtout pas en période de grande campagne de dénigrement et d'acharnement contre sa personne, au su et au vu d'une justice et une administration qui, même sollicitées par le premier citoyen de la ville, ne lèvent pas le plus petit doigt.

Etrange pourtant dans un Etat de droit. Mais qu'à cela ne tienne, M. le Maire sait, de son propre aveu, que l'impunité dont jouit le porte-drapeau de cette injurieuse campagne, dénote de la puissance de ses vrais détracteurs, ceux qui tirent les ficelles, bien que personne ne doit être au-dessus de la loi. Honte à la cigale, on connaît qui est la fourmi, sera-t-il tenté de dire.

Le député-maire El Ghassem ne cessera pourtant de le marteler: il n'y a pas de problèmes personnels entre moi et les autorités locales au niveau de la wilaya de Dakhlet-Nouadhibou. El Ghassem Ould Bellali défend les intérêts des citoyens autant en tant que maire qu'en tant que député. Le Ministère de l'intérieur a écrit à la Zone franche pour lui dire qu'il s'aligne sur mes positions et que le patrimoine de la mairie appartient à la mairie. Ce sont des biens appartenant à la mairie et au contribuable qui doivent revenir à la commune et ils ne peuvent être cédés que par le Conseil municipal. Un point c'est tout. Au delà de cette revendication légitime, il n'y a rien entre El Ghassem Ould Bellali est ces autorités régionales. Il y'a ceux qui sont influencés par la rue et ceux qui, comme moi, sont influencés par leurs convictions. Au Parlement, j'ai toujours posé les questions qu'il faut. Les problèmes doivent être discutés là où ils trouvent des solutions. J'ai été peu présent au Parlement car j'ai préféré donner plus de temps à la commune qui était dans un tel état d'inertie. Aujourd'hui ça va mieux, mais 9 mois ne suffisent pas pour réparer ce qui a été gâté sur 20 ans.

C'est donc dans ce climat délétère que le maire et député de la capitale économique, M. El Ghassem Ould Bellali a pris le risque de faire venir à la table des réunions du Conseil municipal la presse privée, souvent support de ses ennemis.

Peut-il avoir quelque chose à se reprocher dont il ne craindrait pas que ses détracteurs n'en fassent étalage au grand public ?

Ou plutôt est-ce pour montrer que ce que lui reprochent ses ennemis n'a rien à voir avec sa gestion de la mairie, et qu'il s'offre même le luxe de gratifier les médias de tout bord d'une conférence de presse. Non, El Ghassem ne cache rien. Oui, El Ghassem dérange.

Au cours de cette longue journée avec le Conseil municipal, lequel travaillait avec sérieux et engagement, dans une atmosphère bon enfant, un véritable esprit d'harmonie, d'entente, la presse nationale, officielle et privée a été gâtée d'informations détaillées et précises.

Des informations autant sur le fonctionnement de la mairie, ses recettes et dépenses, ses projets, ses priorités, ses chantiers en cours, que ses problèmes avec la Zone franche qui lui a, illégalement, pris deux marchés et un stade, patrimoines de la commune construits avec l'argent du contribuable. Des soucis aussi avec l'Autorité de régulation des transports qui en a fait autant avec des locaux, etc.

Ainsi, l'on saura que la mairie emploie 350 personnes dont 181 permanents, 155 contractuels et 14 stagiaires pour une masse salariale qui a connu une légère hausse, passant de 30 à 32 millions de nos chers Ouguiyas dû, entres autres, au recrutement de 11 employés dont des cadres et des agents administratifs pour renforcer les capacités et le rendement des équipes de la mairie, les salaires des stagiaires, des non permanents qui travaillent dans les réfections des écoles, etc.

Les importantes réformes apportées notamment au niveau du service fiscal qui est la colonne vertébrale de la mairie tel le recrutement des cadres et agents, à permis l'amélioration des recettes passant pour la même période d'avril à juillet 2018 et avril-juillet 2019, de 15 millions à 21 millions.

Il faut reconnaître qu'à son élection et sa prise de fonction, El Ghassem a trouvé une mairie surendettée (plus de 360 millions d'ouguiyas), pratiquement sans âme et les citoyens n'y croyaient plus, les maires qui s'y sont succédés ne s'en faisant qu'à leur tête.

Il évoquera le grand chantier du moment qui est la rénovation de 26 écoles à la veille de la rentrée scolaire 2019-2020 et pour lequel la commune a sollicité une levée de fonds auprès des banques, sociétés de la place, hommes d'affaires et âmes généreuses. Les travaux ont été achevés pour l'école Destour et nous entamons ceux pour l'école 1, 2 et celle de Baghdad.

Les premières bonnes réactions en faveur de cette initiative d'El Ghassem de rénovation des écoles dont certaines ne l'ont jamais été depuis plus de 20 ans, sont venues de Mohamed ould Taya, Mohammed ould Noueighedh, Hamoud ould Ghadda, Meyloud, Ahmed Hmeity, Md Limam Louleida, qui ont ouvert le compteur des donations et des bonnes œuvres.

Parallèlement à cette campagne, la commune a demandé à la Zone franche des espaces urbains pour construire des écoles et des stades dans les quartiers de Tarhil, Sala, entre Haye Salem et la Prison civile, MST, un stade et/ou un espace culturel et de loisir pour jeunes aux Robinets 1 et 5. Car pour le maire El Ghassem, il est inconcevable que les élèves continuent à s'entasser par 85 enfants par salle de classe et qu'il n'y ait pas d'espace de jeux et de détente pour la jeunesse dans les populeux quartiers des numéros.
"Je suis prêt à chercher des financements pour les écoles et les stades que je demande à la Zone franche de Nouadhibou", lance, tel un défi, le député-maire El Ghassem Ould Bellali.

Tout en regrettant que le Ministère de l'Éducation qui a été sollicité et doit mettre la main à la poche n'a toujours pas réagi, le rapport du Conseil municipal rappelle que la mairie a fourni des efforts louables pour rouvrir les 11 cantines scolaires, encouragée en cela par la société Tasiast qui y a déjà contribué à hauteur de 160.000 MRU.

Il reste les femmes, les jeunes, les handicapés mais après notre priorité relative à l'école, nous serons plus à même de nous occuper de cela.

Autre défi majeur relevé, la coopération étrangère à l'article de mort.
"Nous avons trouvé la coopération en panne, dira le maire, mais l'avons relancé bien que l'Espagne sur laquelle nous comptons beaucoup était en campagne électorale.

Ainsi, des équipements ont été trouvés pour les trois centres de santé qui ont été remis à niveau donnant entière satisfaction aux partenaires de la commune.
L'Algérie a fait d'une citerne et d'une ambulance, le Japon de 130.000 Euros.
Le centre de santé n°3 est entièrement équipé pour sa maternité, sa pédiatrie, ses services de lutte contre la malnutrition, son centre de vaccination.

Autre mission quasi impossible réalisée, la réfection du poste de Baghdad qui, dira El Ghassem Ould Bellali, est devenue "une maison bien faite où on va transférer certains de nos services ".

On le voit bien, la commune de Nouadhibou a repris de sa verve depuis que son homme providentiel est revenu aux affaires.

Les stéphanois (nom donné jadis aux habitants de Port-Etienne, ancien nom de Nouadhibou) font confiance à El Ghassem Ould Bellali, car aucun maire ne leur a fait mieux que lui depuis 20 ans.

Le feeling passe entre lui et les gens d'ici qui l'apprécient pour sa franchise et son dévouement pour sa ville.
"A part les premiers jours, tout le monde paie ses taxes sans rechigner", se plaît à affirmer le maire. Les populations de Nouadhibou sont parmi les meilleures mais malheureusement les élites les orientent mal car la propagande raconte, les populations ressentent même si les groupuscules négatifs se comptent sur les bouts des doigts. Les gens de Nouakchott doivent nous appuyer. Nouadhibou porte toute la Mauritanie. La mairie n'a pas de problème mais il y a des problèmes d'eau, d'électricité, de pêche, de stockage, de faiblesse des salaires...."

La ville de Nouadhibou est sale et la Zone franche est riche. Si on me donne la moitié de l'enveloppe que la Zone franche affecte au ramassage des ordures, je rendrai la ville propre.
Mohamed ould Khattatt