Le Roi Mohammed VI à l’occasion de la fête du Trône : « Notre pari, aujourd'hui, c’est le futur »

mer, 2019-07-31 21:20

Le Discours du Trône, adressé lundi soir à la Nation par SM le Roi Mohammed VI, a, certes, dressé le bilan des vingt années de règne du Souverain, mais il a été surtout un discours sur l’avenir du Maroc. Retour sur cet important discours porteur d’espoir pour bâtir un avenir meilleur.

Un Maroc stable et moderne

Dans son discours royal, le monarque a commencé par se féliciter de la stabilité dont jouit le Royaume et de l’unanimité nationale qui rassemble tous les Marocains autour des constantes et des symboles sacrés de la Nation, à savoir la monarchie patriotique et citoyenne qui se veut proche des citoyens ; la poursuite résolue de l’œuvre de consolidation démocratique et de quête du développement et les réformes profondes engagées, les réconciliations menées à bonne fin et les projets d’envergure réalisés.

C’est grâce à la conjonction de ces choix essentiels qu’a pu être poursuivie l’édification du Maroc moderne, dira le Roi Mohammed VI en soulignant qu’il a, au cours de ces deux décennies, « attaché une importance particulière aux programmes de développement humain, à la promotion des politiques sociales pour parvenir in fine à la satisfaction des attentes pressantes des Marocains.» 

Et d’ajouter : « Nous avons accompli un bond qualitatif en matière d’infrastructures : autoroutes, train à grande vitesse, grands ports, énergies renouvelables, réhabilitations urbaines. Nous avons également franchi des étapes importantes dans le renforcement et la consolidation des droits et des libertés, pour un ancrage solide et sain de la pratique démocratique. Néanmoins, Nous savons que les infrastructures et les réformes institutionnelles, si importantes soient-elles, ne sont pas suffisantes. Le devoir de clarté et d’objectivité impose de nuancer ce bilan positif dans la mesure où les progrès et les réalisations, d’ores et déjà accomplis, n’ont malheureusement pas encore eu des répercussions suffisantes sur l’ensemble de la société marocaine.»

Et Sa Majesté de préciser : « Certains citoyens perçoivent sans doute mal les retombées de ces réalisations sur leurs conditions de vie, notamment en termes de satisfaction de leurs besoins quotidiens et singulièrement en ce qui concerne la fourniture de services sociaux de base, la réduction des inégalités sociales, le renforcement de la classe moyenne. Dieu sait à quel point Je suis peiné de voir que des citoyens marocains, ne représenteraient-ils que 1% de la population, continuent à vivre dans la précarité et le dénuement matériel.»

Le Roi Mohammed VI qui a rappelé avoir dit l’année dernière qu’il n’aura de répit « que lorsque tous les obstacles auront été éliminés, que des solutions appropriées auront été apportées aux problèmes de développement et aux questions sociales», indiquera que ces « dernières années ont révélé l’incapacité de notre modèle de développement à satisfaire les besoins croissants d’une partie de nos citoyens, à réduire les inégalités sociales et les disparités spatiales. C’est la raison pour laquelle Nous avons appelé à sa réévaluation et à sa réactualisation. »

Corriger le modèle marocain de développement

Résolument engagé à faire entrer le Maroc accède au club des nations avancées, le Souverain a annoncé la mise en place très prochaine, d’une Commission spéciale chargée du modèle de développement qui, par sa composition, regroupe différentes disciplines académiques et diverses sensibilités intellectuelles, en y faisant siéger des compétences nationales issues du public et du privé.

L’heure est donc à la rénovation et l’actualisation du modèle marocain de développement, le Roi Mohamed VI étant plus déterminé aujourd’hui que jamais, à maintenir le cap, en capitalisant les acquis obtenus et en corrigeant les dysfonctionnements observés sur le terrain.

« A ce propos, Je tiens à souligner que cette commission ne tiendra lieu ni de second gouvernement, ni d’institution officielle parallèle. Elle jouera le rôle d’organe consultatif investi d’une mission limitée dans le temps. Au cours de ses travaux, elle devra prendre en considération les grandes orientations des réformes engagées ou en passe de l’être, dans des secteurs comme l’enseignement, la santé, l’agriculture, l’investissement, le système fiscal. Ses propositions devront viser leur perfectionnement et l’accroissement de leur efficacité. Nous attendons de cette commission qu’elle remplisse son mandat avec impartialité et objectivité en portant à Notre connaissance un constat exact de l’état des lieux, aussi douloureux et pénible puisse-t-il être. Elle devra aussi être dotée de l’audace et du génie nécessaires pour proposer des solutions adaptées. Plutôt que de s’inscrire dans une logique de rupture avec le passé, il s’agit de poser un nouveau jalon dans notre processus de développement.»

Une nouvelle étape pour le Maroc

Mais le monarque a surtout promis de nouvelles étapes : développement économique, poursuite des grands chantiers dans des secteurs comme l'enseignement, la santé, l'agriculture, l'investissement ou le système fiscal.

Dans son discours royal, le souverain rappellera que cette nouvelle étape dont les maîtres mots sont « Responsabilité » et « Essor », est pleine d’enjeux et de défis, autant internes qu’externes.

• Premièrement : l’enjeu de consolidation de la confiance et des acquis : confiance entre les citoyens, confiance dans les institutions nationales qui les rassemblent, confiance et foi dans un avenir meilleur. C’est la clé de la réussite et la condition sine qua non pour que se concrétise notre ambition collective.

• Deuxièmement : le défi de l’ouverture et le refus du repli sur soi, particulièrement dans des domaines liés aux expériences et aux expertises internationales. L’ouverture est d’autant plus fondamentale pour le développement économique qu’elle offre aux entreprises et aux opérateurs marocains nombre d’opportunités de rehausser leur compétitivité.

Certes, l’État, le secteur public, les organisations professionnelles nationales ont déployé de grands efforts pour remplir leurs missions et améliorer la qualité de leur travail.

Mais, certaines filières et professions libérales ont besoin aujourd’hui de s’ouvrir aux expertises et compétences mondiales, au secteur privé, national et étranger.

Par ailleurs, de nombreuses institutions et sociétés internationales ont exprimé le souhait d’investir et de s’installer au Maroc.

Véritable motif de satisfaction, cet engouement pour notre pays témoigne de la confiance qui lui est reconnue. Mais les freins imposés par certaines législations nationales, la frilosité et l’indécision prépondérantes chez certains responsables cantonnent parfois le Maroc et le placent dans une posture négative d’enfermement et de réserve.

Ceux qui s’opposent à l’ouverture de certains secteurs -sans vouloir dire lesquels- sous prétexte que cela induirait des pertes d’emplois, ne se soucient guère des Marocains et cherchent avant tout à préserver leurs propres intérêts.

• Troisièmement : le défi de l’accélération économique et de l’efficacité institutionnelle. L’enjeu est ainsi de rebâtir une économie forte et compétitive, en encourageant l’initiative privée, en lançant de nouveaux programmes d’investissement productif et en créant de nouvelles opportunités d’emploi.

Dans la même perspective, il convient de renforcer l’efficacité des institutions et de faire évoluer les mentalités des responsables.

En effet, le secteur public doit, sans tarder, opérer un triple sursaut en termes de simplification, d’efficacité et de moralisation.

• Quatrièmement : le défi de la justice sociale et spatiale pour parachever l’édification d’un Maroc, porteur d’espoir et d’égalité pour tous.

En effet, le souverain marocain souhaite voir disparaître les comportements générateurs de frustration pour que triomphent les valeurs de travail, d’engagement responsable, de mérite, d’égalité des chances.

Passée cette mise au point, le Roi Mohammed VI pour qui, « le plus important, aujourd’hui, c’est ce futur si pressant qui nous interpelle », appellera à injecter du sang neuf dans les veines de toutes les institutions de l’Etat, car, insistera-t-il, « notre pari, aujourd'hui, c’est le futur ! ».

En effet, S.M. Mohammed VI a chargé le chef du gouvernement de lui soumettre des propositions pour renouveler et enrichir les postes de responsabilités tant au sein du gouvernement que dans l'administration.

Avant de terminer ce discours du trône, le monarque rappellera « notre attachement indéfectible à la marocanité de notre Sahara, à notre unité nationale et à notre intégrité territoriale », soulignant que les acquis engrangés par le Maroc aux plans onusien, africain et européen sont pour « un motif de fierté ».

Le Maroc, ajoutera-t-il, a une position de principe claire : la souveraineté pleine et entière du Maroc dans le cadre de l’initiative d’autonomie est la seule et unique voie envisageable pour parvenir au règlement souhaité.

Le souverain réaffirmera son engagement sincère à garder la main tendue en direction de ses frères en Algérie, fidèle en cela aux liens de fraternité, de religion, de langue et de bon voisinage, qui unissent depuis toujours nos deux peuples frères.

Et de rappeler l’élan spontané et sincère par lequel le Roi et le peuple du Maroc ont témoigné leur sympathie et leur soutien enthousiastes à la sélection algérienne lors de son sacre mérité en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, organisée récemment en Egypte.

ABM