Al-Qods Ech-cheriv: Les intarissables larmes arabes de crocodile

ven, 2017-12-15 12:45

Jusqu’à quand, nous autres arabes, allons-nous continuer à déverser nos larmes de crocodile sur une Palestine et un Qods que nous avons malheureusement depuis longtemps perdus ? J’allais dire vendus ! 

Oui, nous les avons depuis longtemps perdus ! Trump n’a fait autre chose que nous le rappeler. Très peu dupes, nos dirigeants arabes et musulmans, feignent à chaque fois la surprise alors qu’ils les ont toujours livrés aux sionistes et autres américains sans demander de contreparties.

Oui, nous les avons perdus quand, malgré les milliards de pétrodollars que l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Qatar et Bahreïn ont engrangé, nous avons été incapables, pendant des décennies, de fonder des Universités d’excellence, d’encourager la recherche et de former des savants. Nous n’avons su, ni prendre exemple sur le Pakistan qui se savait menacer, ni sur le régime raciste de l’Apartheid d’Afrique du  Sud, qui a créé sa bombe, au moment où il craignait pour sa survie, ni sur la Corée de Nord, ni sur l’Iran.

Oui, nous les avons perdus quand nous avons été incapables de développer une politique pour obtenir la bombe atomique afin de nous protéger, avoir notre mot à dire ou du moins être écouté et respecté quand nous  parlons. Hélas ! Nous avons choisi la facilité croyant que tout peut s’acheter mais nous avons été incapables de mesurer les limites de l’argent.

Oui, nous les avons perdus lorsque nous nous sommes pervertis en dilapidant nos richesses au profit des autres pour, soit disant, nous protéger - contre nous-mêmes - alors que nous nous rendons de plus en plus vulnérables sans nous en rendre compte. Par contre, nous avons excellé en rivalisant entre nous dans une bataille effrénée à coup de milliards de dollars pour s’assurer les faveurs d’une Amérique qui nous méprise et se moque de nous.

Oui, nous les avons perdus lorsque nous avons accepté, pour plaire aux américains de faire de l’Iran, pays musulman, notre ennemi N°1. Pendant que nous nous échinions à vouloir le détruire, celui-ci faisait profil bas en s’armant et en développant les techniques les plus modernes pour se dégager du véritable joug que constitue la dépendance du savoir. Les perses eux, contrairement à nous autres arabes ont compris que dans ce monde de loups, il faut savoir se défendre si l’on veut être respecté. Ils ont démontré qu’ils étaient une civilisation, qu’ils avaient une culture, des principes et une personnalité à défendre et un « Moi » propre à eux.

Oui, nous les avons perdus quand, après la mort du Roi Fayçal, de Nasser, de Saddam et autres Moctar Ould Daddah, nous nous sommes jetés corps et âmes dans les bras d’une Amérique qui ne nous a pourtant jamais caché sa position par rapport à un Israël, considéré probablement le 51ème Etat américain.

Oui, nous les avons perdus, lorsque l’Egypte, berceau de la civilisation du monde, flambeau de la civilisation arabe et porte étendard de la question palestinienne s’est complètement reniée quand Sadat, sans gêne et de la manière la plus effrontée, est allé à Jérusalem livrer sur un plateau d’argent, la paix à Israël à un moment où celui-ci était acculé à négocier en contrepartie d’une portion de terre qu’Israël était d’ailleurs prêt à s’en débarrasser tant elle constituait pour lui un fardeau inutile.

Oui, nous les avons perdus lorsque nous avons été incapables de stopper l’avancée des Colonies juives en terre palestinienne, encore moins l’expropriation des maisons et des terres.

Oui, nous les avons perdus, lorsque la Ligue arabe, créée en 1945 au Koweït et après 73 ans d’existence, n’a jamais réussi à être autre chose qu’une coquille vide à cause des divergences et querelles de minarets.

Aujourd’hui, le Monde Arabe, si Monde Arabe il y a, et j’en doute, devra s’atteler à ne pas perdre la Mecque ou Médine.

Colonel à la retraite Sidi Ould Guenvoud