Affaire du «chantage» au roi du Maroc: La Cour de cassation valide les preuves

sam, 2017-11-11 12:33

Les deux journalistes, Catherine Graciet, 42 ans, et Eric Laurent, 69 ans, mis en examen pour chantage au Roi du Maroc en 2015, ont été déboutés, hier vendredi, par la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, au sujet des deux enregistrements clandestins à l’origine de leur mise en examen.

Les deux journalistes, soupçonnés d’avoir voulu soutirer trois millions d’euros au Roi du Maroc en 2015, en échange de l’abandon d’un livre censé contenir des révélations gênantes pour Rabat, avaient été interpellés, le 27 août 2015, en possession de 80.000 euros en liquide, au sortir d’une réunion avec l’avocat du palais marocain.

Désignés comme deux « maîtres chanteurs » et poursuivis en justice, ils avaient demandé l’invalidation de ces enregistrements au motif qu’ils sont «illégaux» car réalisés à leur insu par un émissaire du Maroc.

« C’est une très grande victoire, il n’y a désormais plus d’obstacle à la poursuite puis à la condamnation de ceux qui ont voulu faire chanter le roi du Maroc », a réagi Patrice Spinosi, l’un des avocats du royaume.

Pour rappel, «tout a commencé le 23 juillet, jour où le journaliste Eric Laurent a contacté le cabinet royal et sollicité un entretien avec un représentant du palais car il avait des choses importantes à demander», indique Eric Dupont-Moretti, avocat du roi du Maroc.

 

«Le palais a alors envoyé un représentant du Roi, un de mes confrères. Là, Eric Laurent a affirmé qu’il préparait un livre avec Catherine Graciet et qu’ils accepteraient de ne pas le sortir contre 3 millions d’euros», affirme l’avocat français.

Immédiatement, le Royaume du Maroc dépose une plainte auprès du procureur de la République à Paris et une réunion est organisée sous le contrôle de la police et du parquet, ajoute l’avocat. Les propos du journaliste, qui réitère son offre, sont enregistrés.

Une troisième réunion a eu lieu, jeudi 28 août, une nouvelle fois sous surveillance policière avec les deux écrivains. «L’objectif de cette rencontre était de s’assurer de l’implication de Catherine Graciet et de prendre les journalistes en flagrant délit», explique Eric Dupont-Moretti.

Après négociations, les deux auteurs signent un contrat qui stipule qu’ils se partagent 2 millions d’euros contre la non-publication de leur ouvrage. Ils reçoivent immédiatement une avance de 80.000 euros. En sortant du restaurant parisien où la tractation a eu lieu, les deux auteurs sont arrêtés par la police qui a tout vu et tout écouté.

On connait la suite …