Le ministre des affaires étrangères passe en revue les grandes lignes de la diplomatie mauritanienne face aux défis sécuritaires

jeu, 2017-11-09 11:26

Moscou,  08/11/2017  -  Le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Dr Isselkou Ould Ahmed Izid Bih, a passé en revue, mercredi à Moscou, les grandes lignes de l'action de la diplomatie mauritanienne face aux défis sécuritaires actuels.

Le ministre a précisé que certaines régions du monde sont considérées moins sécurisées que d'autres et plus dangereuses, soulignant que l'espace du Sahel auquel appartient la Mauritanie fait partie de cette catégorie de pays.

Il a ajouté que la riposte aux activités accélérées des mouvements terroristes dans la région du Sahel au cours de la dernière décennie et l'augmentation des crimes organisés transfrontaliers, (la Mauritanie était elle-même la cible de plusieurs agressions sur ses terres), ont amené les pouvoirs publics à mettre la sécurité en tête des priorités nationales.

Le ministre a indiqué que la Mauritanie a fait face, sur son territoire, durant la période allant de 2005 à 2011, des opérations meurtrières menées par le réseau des groupes terroristes. Ces opérations se sont manifestées à travers l'attaque de centres militaires isolés, des attaques suicides, des opérations d'enlèvement et de séquestration, des voitures piégées. Il est clair, a-t-il dit, que toutes ces opérations avaient pour but de déstabiliser le pays.

Le ministre a noté que pour affronter ce défi, les pouvoirs publics ont axé, de façon particulière, sur le domaine de la défense nationale pour armer nos forces armées nationales et de sécurité et mettre à leur disposition les moyens leur permettant de faire face à la situation sur le terrain.

Il a ajouté que nos forces armées et de sécurité ont pu, après leur restructuration et leur équipement, sécuriser les frontières du pays contre les groupes terroristes mobiles pour les poursuivre ensuite dans le grand Sahara dans le nord du Mali, leur infligeant de lourdes pertes, ce qui a considérablement limité de leurs capacités de nuisance. Les revers subis par ces terroristes dans la localité de Hassi Sidi et dans la forêt de Wagadou , ont permis, a poursuivi le ministre, de les éloigner de nos frontières et de limiter considérablement leurs mouvements dans ces zones.

Le ministre a souligné que de nombreux experts spécialisés dans la région du Sahel ont loué, à maintes reprises, le succès de la Mauritanie, précisant que le pays, depuis 6 ans n'a connu aucun acte terroriste, alors qu'il était la cible de l'organisation d'Al Quaida dans les pays du Maghreb islamique et que plusieurs citoyens européens ont été enlevés sur son territoire.

Le ministre des affaires étrangères et de la coopération a aussi parlé devant l'institut des relations internationales à Moscou des efforts de la Mauritanie dans le domaine de la lutte contre la migration clandestine, en étroite collaboration avec nos partenaires européens, précisant que la coopération entre la Mauritanie et le royaume d'Espagne constitue un modèle dans ce domaine.

Il a affirmé que ces efforts ont permis de stopper définitivement le flux de la migration vers l'Europe à travers les Iles Canaries, depuis 2014, après que le nombre des migrants a atteint, en 2008, 36 000, et de faire des pirogues de la mort, utilisés par les migrants, un souvenir lointain, a-t-il dit, C'est là, a-t-il noté, un résultat exceptionnel réalisé sans porter atteinte à la dignité des migrants.

Le ministre a indiqué que si la Mauritanie était par le passé un passage par lequel transite les migrants, elle est devenue aujourd'hui un lieu d'accueil pour les réfugiés venus du Mali et de la région du Sahel, soulignant que le camp de M'Bira abrite actuellement plus de 60 000 migrants.

Il importe de souligner, a conclu le ministre, que le gouvernement mauritanien, dans le cadre de de la gestion du flux de la migration illégale et de la lutte contre le trafic, a tenu à appliquer scrupuleusement les engagements pris au nom du pays et a oeuvré pour la protection des migrants et des réfugiés, grâce à un arsenal de textes juridiques assurant le respect des règles du droit.