Journée Internationale de la Femme (8 Mars): Et si une femme succédait à Ould Abdel Aziz?

jeu, 2017-03-09 11:06

Voici soixante et un an que la Communauté internationale célèbre le 08 Mars, Journée Internationale de la Femme, de chaque femme, de n’importe quelle origine. Adoptée par les Nations Unies après la 2ème Guerre Mondiale, cette journée commémore le combat historique mené par les femmes qui luttaient contre les conditions avilissantes de travail. 

Et comme c’est un cri de ralliement, le 8 Mars est célébré chaque année, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre les revendications, afin d’améliorer la situation des femmes, de réfléchir et progresser vers l’égalité des genres et l’autonomisation de toutes les filles et les femmes. Comme quoi, la Journée Internationale de la Femme reste d’une brûlante actualité. Car tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte, nous aurons besoin de la célébrer.

En Mauritanie et sans trop vouloir faire le point, l’on doit à la vérité de dire que la femme mauritanienne s’émancipe, que les avancées sont indéniables sur le plan de la participation de la gent féminine à la gestion du pays.

Avec un département ministériel qui a pour mission d’assurer la promotion des femmes mauritaniennes et leur pleine participation au processus de développement économique et social, promouvoir la sauvegarde de la famille et le bien-être de l’enfant en conformité avec nos valeurs islamiques, nos réalités sociales et les exigences de la vie moderne, ce sont de gigantesques efforts qui ont été accomplis, la Mauritanie ayant ratifié de nombreuses conventions internationales interdisant les discriminations fondées sur le sexe ou la race, comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (art.2), la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (art.2), le Pacte relatif aux Droits Civils et Politiques (art.2), le Pacte relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (art.2), la Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination Raciales, et la Convention pour l’Elimination de toutes les Formes de Discriminations à l’égard des Femmes (CEDEF).

Sans oublier que le statut socio-juridique des femmes a été amélioré en 2001 suite à la promulgation du Code du Statut Personnel lequel définit les cadres juridiques du mariage et la nécessité pour les femmes d’avoir 18 ans et d’exprimer leur consentement, mais aussi les rapports entre époux, leurs droits et devoirs envers leurs enfants, et les conditions du divorce.

Ces dernières années, d’autres efforts en termes de droits des femmes sont venus s’ajouter à ces avancées comme l’introduction en juillet 2006 d’un système de quotas imposant 20 % de femmes sur toutes les listes électorales et pour tout type d’élection permettant aux femmes d’occupent désormais des sièges au Parlement et des postes dans les ministères, d’être conseillères au niveau local, et même maires, en plus d’être présidentes de partis politiques. Ce qui, dans une société patriarcal comme la nôtre donne à réfléchir quand on sait qu’à priori, on trouve ici bizarre que des femmes portent la culotte au foyer.

Mais ce volontarisme politique ira plus loin en permettant à des femmes d’occuper des postes jusque-là inimaginables, comme celui de Gouverneur de Wilaya, d’ambassadrice et de Ministre des Affaires étrangères. Une première dans le monde arabo-musulman !

 

Et comme nos femmes constituent un peu plus de la moitié de la population mauritanienne (52%, ce qui est un vivier électoral primordial) et qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à investir l’étendue de la vie politique, rien ne les empêchent de taper du poing sur la table. De dire qu’elles sont lassées d’être cantonnées à jouer les seconds rôles ! Que la politique ne doit pas rester la chasse gardée des hommes, qui plus est dans les hautes sphères ! Qu’il est temps de rêver plus grand et qu’elles veulent se voir assumer les hautes charges de l’Etat ! Et pas à la manière Aichetou Mint Jiddan qui s’était portée candidate aux présidentielles de novembre 2003 et a obtenu 0, 47 % des voix ! Ni à la manière de Lalla Mariem Mint Moulaye Idriss en 2014 avec ses 0,49 %.

Que 52 % de la population imposent de nouvelles règles ! Qu’on ne peut pas changer le monde si on n’a pas le goût de la fiction ! Et qu’elles entendent changer radicalement les machineries du pouvoir en y ajoutant de nouvelles grilles, quelques raffinements et des retouches cosmétiques savantes …

Mohamed Ould Khattatt